Les investissements atypiques : typiques pour perdre de l’argent

Les investissements atypiques : typiques pour perdre de l’argent

Cet article est une reprise et adaptation d’un article de blog de l’Investisseur Heureux.

 

Dans l’article Des régulateurs bien lents, Que Choisir met en exergue la lenteur de l’Autorité des Marchés Financiers et de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Régulation, pour mettre un terme à des manquements ou des escroqueries pourtant flagrantes sur des “placements” financiers.

Peut-être que l’AMF ne peut agir seulement quand les faits sont très explicites, de peur d’être attaquée pour diffamation ou dénigrement en cas d’erreur ? Quoi qu’il en soit, son rôle de protection des épargnants n’est, de mon point de vue, pas rempli.

Pourtant, il est assez facile de détecter un placement douteux et peut-être frauduleux.

 

Des commissions importantes à ceux qui placent les produits

Les conseillers en gestion de patrimoine qui vantaient les mérites des placements Aristophil touchaient une commission de 6%.

Les niveaux de commission élevés se retrouvent aussi sur les placements défiscalisants douteux, comme le Girardin industriel ou le photovoltaïque en Outre-Mer.

Dans le cadre du marketing de réseau, c’est tout à chacun qui devient “commercial”. Le quidam place “l’investissement” (auquel il a lui-même souscrit) à des filleuls contre la promesse de toucher des centaines d’euros.

Et il faut bien le dire, le particulier lambda n’est guère plus vertueux que le conseiller, et semble vite perdre sa probité lorsqu’il est aguiché par les sirènes de l’argent “facile”.

 

Les produits ne génèrent pas, ou peu, de cash-flow

Les manuscrits, les œuvres d’art, le vin, et dans une moindre mesure les terres “rares”, les forêts, les terres agricoles ukrainiennes, les diamants, etc. ne génèrent pas/très peu d’argent et n’ont pas de valeur intrinsèque rationnelle.

La seule “chance” de gain est une montée des prix, portés par des acheteurs qui estiment (sur la base de croyances ou d’anticipations des autres acheteurs) que les prix monteront encore.

Ceci est appelé la théorie du plus idiot : on suppose qu’il y aura toujours un idiot qui payera plus cher que l’idiot précédent ! C’est le cas pour la folie de la bulle des bitcoin !

 

Les produits sont illiquides et non cotés

Cette fois encore, les manuscrits, les œuvres d’arts, le vin, les forêts, les diamants, les centrales photovoltaïques d’Outre-Mer (quand les promesses de construction sont tenues…) et dans une moindre mesure les terres rares, etc. s’échangent au travers de transactions de gré à gré peu fréquentes et sans marché centralisé, rendant encore plus difficile l’identification d’un prix.

 

Des promesses de rendement irréalistes et une politique commerciale agressive/trompeuse

Les arguments sont toujours les mêmes : un rendement élevé (8% dans le cadre d’Aristophil), garanti (avec dans le meilleur des cas un petit astérisque qui renvoie vers une note de bas de page indiquant le contraire) et un placement à haut potentiel ou d’avenir (le solaire, les terres “rares”, les terres “agricoles”, une technologie révolutionnaire, etc.) ou soi-disant sûr, car “tangible” (les manuscrits, le vin, les diamants, etc.).

Que même les plus grosses multinationales du monde peinent à obtenir ce type de rentabilité (ratio du retour sur investissement > 8% sur une longue période) ne semble pas choquer les “investisseurs” attrapés par ce type de publicités.

 

Les sociétés n’ont pas de bureaux physiques ou ne publient pas leurs comptes

Une autre caractéristique de l’investissement douteux/frauduleux est l’absence de locaux physiques : la société utilise une domiciliation/boîte postale ou serait domiciliée à l’étranger.

Parfois, elle ne donne même pas d’adresse, c’est encore plus simple !

Quand la société est immatriculée en France (et bien souvent, ce n’est même pas le cas), elle ne publie pas ses comptes de bilan/résultat.

Vérifier l’adresse sur Google Map en mode Street View peut aussi être instructif…

 

Conclusion

L’histoire montre qu’il vaut mieux compter sur soi que sur l’AMF pour identifier un placement douteux ou frauduleux.
Heureusement, ces quelques critères ne demandent pas un gros travail de vérification, mais devraient vous éviter des déconvenues.
Il vaut mieux privilégier les placements de « bon père de famille » qui rapporte moins mais où les risques sont bien plus limités pour l’investisseur.
Pour investir, mieux vaut se faire accompagner par un Gestionnaire de Patrimoine ayant pignon sur rue, ses accréditations et une certaine antériorité et réputation sans parler de l’éthique.

Argos Conseil est là pour vous conseiller au mieux et vous éviter de succomber aux sirènes de l’argent facile.